Obscurité
mai 10, 2010
Il fait froid.
Le printemps tarde à arriver.
Cette nuit noire m’enveloppe.
Je n’y vois plus rien.
Plus rien parce que j’ai soif et qu’on ne me donne pas à boire.
Plus rien puisque j’ai faim et qu’on ne me donne pas à manger.
Ayant toujours aimé les passions déchirantes et absurdes,
Aujourd’hui, je suis servie.
J’ai ma dose d’intensité et de folie.
Je m’y complais.
J’ai du mal à me reconnaître.
Ne voulant jamais rester en place, je me surprends à attendre.
Attendre que ce mauvais temps passe afin de pouvoir retrouver les beaux jours, attendre que les beaux jours passent pour me retrouver.
Je ne bouge pas, je reste en retrait et j’observe.
A quand un mouvement?
A quand un intérêt envers cette créature accroupie dans l’ombre?
Va-t-elle rester ainsi encore bien longtemps?
Qui disait qu’à trop attendre, on se perd?
Tant pis, je n’ai plus envie d’être celle que j’étais.
J’ai envie qu’on vienne me libérer.
J’ai envie qu’on me désire à un point tel qu’on ne puisse plus se retenir.
C’est à ce moment que je reviendrai à moi-même afin de satisfaire celui qui aura osé franchir cette barrière.